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Un nouveau trio de choc pour le poids lourd à hydrogène

par Etienne Henri
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[Le constructeur Navistar a officialisé fin janvier sa collaboration avec General Motors et OneH2 pour développer une offre de poids lourds alimentés par hydrogène. Elle devrait voir le jour d’ici la fin de l’année prochaine. De quoi régler une fois pour toutes la question du futur du transport routier…]

La mobilité à hydrogène promet d’offrir aux véhicules des performances supérieures à celles de leurs pendants thermiques. Avec un silence complet, une autonomie plus grande qu’un véhicule à combustion et un temps de recharge rapide, elle pourrait rendre les véhicules à batteries obsolètes avant-même leur généralisation !

Ce partenariat signe le grand retour des acteurs historiques dans la mobilité propre

Avec son poids lourd à hydrogène, Navistar compte bien s’appuyer sur ces caractéristiques uniques pour régler une fois pour toutes la question du futur du transport routier – et damer le pion au passage aux startups comme Nikola qui lorgnent sur ce marché qui dépasse déjà les 3 millions d’unités par an. Dans cette perspective, le constructeur a officialisé fin janvier sa collaboration avec General Motors et OneH2.

Les performances promises sont en tout point remarquables. Navistar annonce que son FCEV (véhicule à pile à combustible) disposera d’une autonomie de 500 miles, soit plus de 800 kilomètres. Son temps de recharge ne dépassera pas les 15 minutes. Et, cerise sur le gâteau, il devrait voir le jour d’ici la fin de l’année prochaine…

Naissance d’un écosystème complet

Parvenir à ce miracle technologique en si peu de temps sera possible grâce au partenariat signé entre les trois entreprises. Navistar, spécialiste des poids lourds (du blindé militaire au semi-remorque, en passant par les bus scolaires) apportera son expertise en production de masse.

gamme Navistar poids lourds

La gamme Navistar, déjà large, pourra bientôt s’enorgueillir d’inclure un camion à hydrogène. Crédit : Navistar

OneH2, moins connue du grand public, est pour sa part spécialisée dans les solutions de production, de stockage et de distribution décentralisées d’hydrogène. Son expertise et ses produits permettront de déployer une infrastructure de recharge qu’utiliseront les futurs clients.

Enfin, le vénérable General Motors (NYSE : GM) est présent dans le partenariat là où les analystes ne l’attendaient pas nécessairement. Le constructeur américain a été choisi non pas pour ses capacités de production mais pour ses piles à combustible. Elles seront embarquées dans les camions Navistar pour produire l’électricité décarbonée qui les fera avancer.

La revanche des dinosaures 

Ce partenariat signe le grand retour des acteurs historiques dans la mobilité propre. Si les startups ont su occuper le terrain médiatique – et affoler les investisseurs –, ce sont au bout du compte les acteurs de longue date qui semblent les mieux placés pour transformer la belle idée d’un camion à hydrogène en réalité commerciale.

La "Semi Factory" de Nikola

La “Semi Factory” de Nikola au 29 janvier 2021 : ses camions ne sont pas pour demain… Crédit : Insideev/Oneshot Creative

Le Coréen Hyundai, qui s’était déjà illustré en mettant sur le marché le premier véhicule particulier à hydrogène produit en série, a confirmé ce rôle de défricheur sur le segment des poids lourds. Son XCient de 37 tonnes est déjà livrable et le carnet de commandes illustre l’intérêt des clients pour ces véhicules : 1 600 exemplaires doivent être produits pour la Suisse en 2025, pas moins de 4 000 exemplaires pour la Chine… A ces chiffres viendra s’ajouter le colossal marché américain où la commercialisation devrait débuter en fin d’année prochaine.

Après les premiers succès de Hyundai, le mariage de Navistar et GM vient confirmer cet état de fait : la démocratisation des véhicules à hydrogène, autrement plus complexes que les voitures à batteries, ne se fera probablement pas grâce à de nouveaux entrants, mais en mettant à profit les appareils industriels existants.

Nous devons en tenir compte dans nos investissements…

Les possibilités de plus-value se dessinent

Le marché de la mobilité à hydrogène commence à se structurer. Après les effets d’annonce des startups qui ont tenté de convaincre les investisseurs qu’elles reproduiraient le miracle industriel de Tesla (NASDAQ : TSLA), vient le temps des organisations pratiques.

La première chose que nous constatons, c’est que le marché existe bel et bien au-delà des pitch des entrepreneurs. Il est possible de produire des véhicules à hydrogène (Hyundai l’a prouvé, Navistar est tout à fait crédible pour y parvenir) ; de structurer un réseau de stations de recharge ; et de valoriser tous ces efforts grâce à une demande dont l’existence est désormais confirmée.

Le marché de la mobilité à hydrogène commence à se structurer

Avoir levé ces incertitudes est déjà une étape formidable qui n’avait rien de gagné il n’y a ne serait-ce que cinq ans de cela.

La seconde leçon que nous enseignent les derniers événements, c’est que le marché va s’appuyer sur deux piliers. Les startups de l’hydrogène, qui ont avancé de manière agile dans leur R&D, sont sollicitées de toutes parts pour fournir leurs briques technologiques. A leurs côtés, ce sont les grands noms de la mobilité qui semblent les plus à même de faire sortir de terre les lignes de production capables de produire des milliers, puis des millions, de véhicules par an.

Cette symbiose entre l’ancien monde de l’industrie automobile et les startups hyper-spécialisées dans certains composants clés (stockage, électrolyse, pile à combustible) permettra de couvrir efficacement l’ensemble de la chaîne de valeur.

C’est là que se trouvent les profits de la démocratisation de la mobilité propre !

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