Accueil Internet & CommunicationsRévolution 5G Un premier modem 5G pour la prochaine génération de smartphones

Un premier modem 5G pour la prochaine génération de smartphones

par Etienne Henri
Antenne 5G

Et de deux !

Pour la seconde fois, le monde des télécommunications peut s’enorgueillir d’avoir un standard autour duquel construire le très attendu réseau 5G.

Deux standards pour une même technologie : voilà qui peut sembler étrange. Au mois de décembre 2017, le 3GPP (organisme en charge de la standardisation des réseaux mobiles) sortait une première norme décrivant le réseau 5G… basée sur les fréquences radio de l’actuel réseau 4G.

Autant dire que la norme 5G millésime 2017 ressemblait surtout à un effet d’annonce pour faire du neuf avec du vieux. Le tir est désormais corrigé : le mois dernier, le 3GPP a publié sa nouvelle spécification qui décrit la “vraie” 5G.

Cette annonce, quoiqu’intéressante en soi, ne signifiait pas nécessairement une arrivée imminente de produits compatibles. Nombre de nouvelles technologies sont normalisées des mois, voire des années, avant de devenir des réalités industrielles.

Pourtant, un petit mois à peine après la publication de la norme définitive, Qualcomm (NASDAQ : QCOM) a ouvert le bal des annonces en dévoilant une puce dédiée aux smartphones pour leur offrir la connectivité 5G.

En proclamant la commercialisation imminente de ses puces 5G, Qualcomm donne un signal fort aux constructeurs de smartphones : il est temps de préparer l’arrivée de la 5G dans les terminaux mobiles

Le modem : une puce vitale pour les smartphones 

Les constructeurs de smartphones, même les plus grands comme Samsung et Apple, ne réalisent pas eux-mêmes la connectivité de leurs appareils.

Pour permettre à leurs téléphones de communiquer avec les réseaux mobiles, ils intègrent des puces fabriquées par des tiers à leurs cartes électroniques. Il faut savoir que, si concevoir un smartphone est aujourd’hui à la portée de n’importe quelle équipe dotée d’un budget R&D de quelques millions de dollars, les entreprises capables d’élaborer des puces de connectivité se comptent sur les doigts d’une main.

L’industrie des télécommunications est donc totalement dépendante de ces sociétés qui verrouillent, par leur savoir-faire comme leurs brevets, le marché des circuits intégrés communicants. C’est pour cette raison que les annonces d’Intel et de Qualcomm sur ce sujet sont suivies avec la plus grande attention.

Qualcomm fait sauter le verrou technologique des mmWaves 

Ce n’est pas le délai incroyablement réduit entre la publication de la norme 5G et l’annonce des premiers modules de Qualcomm qui est impressionnante – il est certain que la firme travaillait main dans la main avec le 3GPP et avait accès aux versions préliminaires de la norme pour préparer ses produits.

Ce qui fait tout l’intérêt de cette annonce est la prouesse technologique qu’elle révèle.

Pour faire de la 5G pure et dure, il est nécessaire de pouvoir communiquer dans des fréquences électromagnétiques comprises entre 30 GHz et 300 GHz – bien loin des 2,4 Ghz du Wi-Fi et des 0,7 à 2,1 Ghz de la 4G.

Les ondes électromagnétiques entre 30 et 300 Ghz ont une longueur d’onde de quelques millimètres : on parle d’ondes millimétriques (ou mmWaves en anglais).

Or, à chaque longueur d’onde correspond un comportement bien particulier dans l’atmosphère. Les molécules d’air ne réagissent pas de la même manière aux différentes ondes. Certaines fréquences peuvent traverser des kilomètres d’air sans être trop absorbées – c’est le cas de la lumière visible que nous recevons en grande quantité sur le plancher des vaches, ou encore des ondes radio FM qui sont exploitables à des kilomètres des émetteurs. Le Wi-Fi et la 4G, des ondes centimétriques, sont utilisables sur quelques dizaines de mètres seulement.

Les ondes millimétriques, utilisées pour la future 5G, sont encore plus absorbées par l’atmosphère. Elles ne peuvent donc être utilisées que sur de courtes distances. Pour compenser cette réalité physique incontournable, Qualcomm a dû développer de nouvelles techniques de focalisation et d’orientation du faisceau émis.

SnapDragon

Schéma de l’intégration du modem SnapDragon X50 et les antennes à ondes millimétriques QTM052.
Crédit : Qualcomm Technologies

En contrepartie de ces contraintes, ces nouvelles fréquences 5G permettent l’utilisation d’antennes plus petites, une latence bien plus faible et des débits améliorés. Toutes les promesses de la 5G étaient conditionnées à l’arrivée de modules fonctionnels : c’est désormais chose faite !

Les smartphones 5G sont à portée de main

En proclamant la commercialisation imminente de ses puces 5G, Qualcomm donne un signal fort aux constructeurs de smartphones : il est temps de préparer l’arrivée de la 5G dans les terminaux mobiles.

Peu importe que les infrastructures terrestres ne soient pas encore prêtes : les consommateurs se précipiteront très certainement sur les premiers smartphones 5G-ready. Les premiers constructeurs à intégrer les modules 5G de Qualcomm bénéficieront sans nul doute d’un avantage incomparable sur leurs concurrents.

Nous pouvons nous attendre à une foire d’empoigne chez les vendeurs de smartphones Android toujours friands de “différentiants” technologiques. Selon les analystes, les premiers mobiles compatibles 5G sont attendus dès le premier semestre 2019.

Antenne 5G

Une antenne QTM052 captant la 5G prêt à être intégré à tous les smartphones.

Si vous êtes adepte d’iPhone, ne retenez pas votre souffle. Apple est, tout d’abord, historiquement frileuse lorsqu’il s’agit d’adopter les nouveaux standards de télécommunication. N’oublions pas que le premier iPhone, smartphone révolutionnaire par bien des aspects, était né sans 3G alors que la technologie existait depuis belle lurette !

De plus, la firme de Cupertino est en délicatesse avec Qualcomm. Les procès s’enchaînent et les montants demandés se comptent désormais en milliards de dollars. Il est probable que l’entreprise préfèrera, dans la mesure du possible, attendre la sortie de puces équivalentes chez Intel avant de proposer la 5G dans ses appareils.

Quoiqu’il en soit, ce sont les smartphones Android qui représentent l’écrasante majorité du marché en termes d’unités vendues. Qualcomm devrait, avec ou sans Apple, s’offrir un bol d’air bienvenu en étant le premier fournisseur à proposer des modules 5G.

Après le rachat manqué par Broadcom dont je vous parlais en mars, et l’absorption de NXP bloquée pour cause de la guerre commerciale entre les USA et la Chine il y a quelques jours seulement, Qualcomm peut se féliciter de faire les gros titres non plus pour des questions judiciaires ou politiques mais pour son cœur de métier : l’innovation technologique.

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