Accueil A la une Un prix Nobel de médecine indique une nouvelle piste pour la maladie d’Alzheimer

Un prix Nobel de médecine indique une nouvelle piste pour la maladie d’Alzheimer

par Ray Blanco
traitement alzheimer

Un changement radical doit intervenir dans le domaine de la recherche sur la maladie d’Alzheimer. »

C’est ce que dit Stanley B. Prusiner, médecin et directeur de l’Institut des maladies neurodégénératives de l’Université de Californie, à San Francisco.

Le docteur Prusiner a obtenu le prix Nobel, en 1997, pour la découverte des prions, des protéines mal conformées (dont le repliement est anormal) et qui se dupliquent dans les tissus.

Il a d’abord identifié ces protéines anormales dans les années 1980, en les désignant comme responsables de la maladie de Creutzfeldt-Jakob et de l’encéphalopathie spongiforme bovine, également connue sous le nom de « maladie de la vache folle ».

Et aujourd’hui, le docteur Prusiner publie des travaux concernant la maladie d’Alzheimer qui, selon ses déclarations, montrent « sans l’ombre d’un doute que les protéines bêta-amyloïdes et tau agissent toutes les deux comme des prions, et que la maladie d’Alzheimer est une affection à double prion, ces deux protéines anormales agissant en synergie pour détruire le cerveau. »

De nouveaux espoirs de traitement

Cette nouvelle est la bienvenue ! Il est grand temps de changer radicalement notre façon de voir l’étiologie de cette maladie.

La théorie dominante, connue sous le nom « d’hypothèse de l’amyloïde » n’a pas pris en compte la possibilité qu’un prion soit à l’origine de la maladie.

Plus de 44 millions de personnes sont touchées par la maladie d’Alzheimer. Chaque année, on dénombre 7,7 millions de nouveaux cas.

Nous avons dépensé des milliards dans la recherche sur Alzheimer, sans qu’il n’en ressorte rien d’autre qu’une poignée de médicaments qui n’ont pas vraiment modifié le cours de la maladie une fois qu’elle s’est installée. Des centaines de programmes de recherche ont échoué, au cours de ce siècle.

Cette année, en particulier, nous avons enregistré un nombre record d’échecs d’évaluations de Phase III, en ce qui concerne Alzheimer, à commencer par celui du crenezumab de Roche (CH0012032113 – RO), en janvier, 15 ans après sa découverte. Biogen (US09062X1037 – BIIB) lui a emboîté le pas en mars, avec l’échec de l’aducanumab qui a anéanti des milliards de dollars de capitalisation boursière, pour cette biotech, ainsi que 12 ans de travail.

Ces deux traitements fondés sur cette hypothèse dominante de l’amyloïde ont ciblé les mauvaises formes de protéines bêta-amyloïdes. Et ils n’ont pas marché.

A présent, le Dr Prusiner a identifié un coupable potentiel : des versions « prion » de ces protéines.

Le nombre de personnes atteintes d’Alzheimer progresse et ce marché est donc l’un des plus coûteux, dans le domaine de la santé.

Une épidémie mondiale

Pour vous donner une toute petite idée du marché de la maladie d’Alzheimer, sachez qu’elle coûte aujourd’hui 277 Mds$ par an uniquement aux Etats-Unis. Mais au train où vont les choses, cette somme pourrait atteindre près de 1 100 Mds$ d’ici 2050 ! Cela représente un cinquième du budget des Etats-Unis aujourd’hui !

L’enjeu est majeur. Plus de 44 millions de personnes sont touchées par la maladie d’Alzheimer. Chaque année, on dénombre 7,7 millions de nouveaux cas. Selon les prévisions de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le nombre de malades devrait presque doubler tous les 20 ans. Il atteindrait plus de 130 millions de malades en 2050.

Alzheimer chiffres maladie et perspective

Un traitement qui fonctionne – qui interromprait la progression de la maladie, ou même empêcherait les symptômes de se manifester – vaudrait des centaines de milliards de dollars.

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