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L’Union européenne reconnaît l’utilité des cryptomonnaies

par Florian Darras
Union européenne Bitcoin

La perception qu’ont le grand public et les autorités des cryptomonnaies serait-elle en train d’évoluer ? Nos instances dirigeantes commenceraient-elles à mieux connaître et à mieux appréhender le sujet ?

Une chose est certaine : les cryptos enflamment, intriguent et font actuellement l’objet d’intenses réflexions. Pour combler son retard sur les “cryptos”, la commission des affaires économiques et monétaires (ECON) du Parlement européen vient par ailleurs de publier une étude intitulée “Monnaies virtuelles et politiques des banques centrales : les défis à venir”.

Fruit des travaux d’un think tank polonais, le CASE (Center for Social & Economic Research), ce document constitue une bouffée d’oxygène bienvenue pour les “cryptophiles”. A la fois simple et ambitieux, son objectif est d’évaluer l’impact que pourraient avoir les monnaies virtuelles sur l’économie mondiale et les prérogatives des banques centrales.

Grâce à l’utilisation de la technologie Blockchain (qui pourrait également être utilisée dans l’industrie financière à d’autres fins), le réseau de transactions des monnaies virtuelles est relativement sûr, transparent et rapide

Les cryptomonnaies, d’ailleurs systématiquement désignées sous le terme de monnaies virtuelles (VCs), “sont une forme de monnaie privée”, résument Marek Dabrowski et Lukasz Janikowski dans leur rapport.

Surtout, “grâce à l’utilisation de la technologie Blockchain (qui pourrait également être utilisée dans l’industrie financière à d’autres fins), le réseau de transactions des monnaies virtuelles est relativement sûr, transparent et rapideassurent les deux experts, qui tordent ainsi le cou à une idée reçue particulièrement tenace.

Les régulateurs ne devraient pas interdire les cryptomonnaies 

Ce constat implacable pourrait laisser présager une législation relativement souple pour les cryptomonnaies au sein de l’Union européenne (UE). Quand bien même cette étude n’a pas de portée normative, étant délivrée à titre d’information pour le Parlement européen, elle devrait en effet constituer une base à l’élaboration de nouveaux textes de loi.

“Les monnaies virtuelles répondent à une demande réelle du marché et, très probablement, elles subsisteront à nos côtés pendant un certain temps.

Les décideurs et les régulateurs ne devraient pas ignorer les monnaies virtuelles, pas plus qu’ils ne devraient les interdire. Ces deux approches extrêmes sont mauvaises.

Les monnaies virtuelles devraient être traitées par les régulateurs comme n’importe quel instrument financier, en fonction de leur importance sur le marché, de leur complexité ou des risques qui leurs sont associés. Compte tenu de leur caractère transfrontalier et mondial, il est recommandé d’harmoniser ces règlementations entre les juridictions.”

Les auteurs vont même jusqu’à contredire certaines postures (encore) dominantes sur les cryptos :

“Les économistes qui tentent de rejeter l’importance des monnaies virtuelles ou leurs justifications, les considérant comme des inventions de ‘charlatans ou d’excentriques’ (Skidelsky, 2018), une incarnation nouvelle d’une ‘utopie ou d’une folie monétaire’ (Schiller, 2018), une ‘arnaque’ ou simplement un instrument pratique pour le blanchiment d’argent, se trompent.”

Certaines personnalités de premier plan en prennent donc ici pour leur grade et la contestation sans ambiguïté de leurs opinions quelque peu tranchées pourrait bien montrer que les lignes sont (doucement) en train de bouger.

Les cryptos peuvent-elle rivaliser avec les monnaies souveraines ? 

Leur position sur la capacité des monnaies virtuelles à rivaliser avec les monnaies souveraines est en revanche très conservatrice :

“La principale question est celle de savoir si elles [les monnaies virtuelles] ont le potentiel de rivaliser avec les monnaies souveraines émises par les banques centrales. Les enthousiastes des monnaies privées et de la banque libre [système sans banque centrale ou sans régulateur financier] se réjouissent d’une telle perspective et espèrent la voir se matérialiser […]. Néanmoins, la réponse semble très probablement ‘non’, malgré le succès relatif du marché du Bitcoin et les chances de succès des autres.”

Marek Dabrowski et Lukasz Janikowski se fondent sur la faiblesse de la capitalisation du marché des cryptos, qui atteint actuellement 260 Mds$, alors que la masse totale de dollars en circulation l’an passé aux Etats-Unis était de 14 000 Mds$, soit un rapport de 1 pour 50.

Soulignons que le CASE est financé à hauteur de 80% par l’Union européenne. Je ne pouvais donc pas m’attendre à ce que l’étude aille aussi loin que je l’espèrerais.

Un atout dans les systèmes monétaires plus fragiles

Cependant, dans les systèmes monétaires de plus petites tailles, plus fragiles ou en crise, les monnaies virtuelles peuvent “offrir une autre voie pour les substitutions des devises, comme on l’a observé récemment au Venezuela” tempèrent les experts.

Pour se rendre compte de façon plus évidente de l’attrait majeur des cryptomonnaies, il faut effectivement se pencher sur les cas de pays plus pauvres pour lesquels elles revêtent un attrait bien réel.

Des pays dans lesquels les personnes bancarisées demeurent minoritaires…

Ainsi, en Asie du Sud-Est, 20% des adultes seulement auraient accès à une carte de crédit et 27% possèderaient un compte bancaire.

Le foisonnement de devises dans la région est un frein aux échanges commerciaux et le caractère universel des cryptomonnaies s’y révèle une alternative bienvenue.

Dans les Etats à la stabilité financière douteuse, les habitants adoptent d’eux-mêmes ces monnaies privées

Sur le continent africain, des pays comme le Nigeria, l’Afrique du Sud, le Rwanda ou encore la Tanzanie perçoivent aussi l’intérêt de la technologie Blockchain et des cryptos. Binance, célèbre intermédiaire en cryptomonnaies, a même ouvert une nouvelle plateforme de trading en Ouganda.

Enfin, dans les Etats à la stabilité financière pour le moins douteuse, les habitants adoptent d’eux-mêmes ces monnaies privées. Recourir à des systèmes de “monnaies” décentralisées qui ne peuvent pâtir de la gabegie financière d’un pays ou d’une région est ici salutaire. Au Venezuela, la population a ainsi de plus en plus recours à certaines cryptomonnaies comme le Bitcoin pour protéger un patrimoine grignoté par une inflation délirante (plus de 46 000%) ou même tout simplement pour subsister au quotidien.

Dans les économies développées, tant que les systèmes pourtant criblés de déséquilibres financiers tiennent (crise de la dette, créditisme, politiques monétaires expansionnistes), l’attrait des cryptomonnaies n’apparaîtra pas de façon évidente aux masses…

Mais lorsque le château de cartes s’effondrera, on peut penser que la donne changera… Or, et même si toutes ne pourront remplir ce rôle de garde-fou, nombre de cryptomonnaies comme le Bitcoin ont justement été conçues en réaction aux déséquilibres financiers et monétaires. [Le monde des cryptomonnaies est une jungle… Comment savoir dans laquelle investir ? Comment savoir laquelle décollera ? Il est encore temps de rejoindre le service Crypto Trading pour démêler le vrai du faux et viser des profits à plusieurs chiffres…]

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