Accueil Energies et transports Les véhicules électriques au chevet du secteur automobile

Les véhicules électriques au chevet du secteur automobile

par Etienne Henri
voiture electrique boom ventes

[Le secteur automobile est en berne. En Europe, les ventes de véhicules neufs sont loin d’être au beau fixe… Malgré tout, une tendance encourageante se dégage : les immatriculations de voitures “propres” sont en forte hausse. Les véhicules électriques sauveront-il l’année des constructeurs automobile ? Le point avec Etienne Henri.]

Les modèles propres qui sont en passe de “sauver l’année” des constructeurs

Le contexte actuel est loin d’être favorable au secteur automobile… En Europe, les ventes de véhicules neufs sont en baisse. Alors qu’elles atteignaient les 8,42 millions d’unités il y a encore deux ans, ces dernières ont à peine atteint les 6,49 millions sur le premier semestre. Un chiffre poussif qui fait état d’une baisse de -23 % sur la période.

Pour ne rien arranger, en imposant sa feuille de route, la Commission européenne place désormais la lutte contre le réchauffement climatique devant les impératifs économiques et industriels des acteurs du secteur. Bruxelles souhaite en effet réduire à zéro les émissions de CO2 des voitures neuves d’ici à 2035 – ce qui revient à interdire purement et simplement la vente des véhicules thermiques à cette date.

Mais, heureusement une tendance encourageante se dégage : les immatriculations de voitures “propres” sont en forte hausse. Les véhicules électriques sont de plus en plus plébiscités par les consommateurs.

Le boom des VE s’accélère

Au deuxième trimestre 2021, les immatriculations de voitures à batterie ont bondi de +231 %, dépassant les 210 000 unités. La hausse est encore plus impressionnante sur le segment des hybrides rechargeables, en croissance de +255 %, avec 235 730 immatriculations.

Toutes versions confondues (rechargeables et non-rechargeables), les hybrides représentent désormais plus de 8,4 % de l’ensemble des véhicules neufs vendus. Au total, la part de marché des voitures propres a dépassé les 35 % – plus du double des 16,8 % du deuxième trimestre 2020.

parts de marché différentes motorisation S1 2021

Part de marché des différentes motorisations sur le premier semestre 2021
Source : ACEA

Ces résultats prouvent que ce sont bien les modèles propres qui sont en passe de “sauver l’année” des constructeurs.

Chez Renault, ces voitures représentent désormais “20 % à 25 %” des ventes de la marque, selon Fabrice Cambolive, son directeur des ventes et opérations. La migration vers un catalogue zéro carbone sera donc, paradoxalement, un moyen de conserver au maximum l’activité commerciale, voire de renouer avec la croissance.

La nouvelle génération est arrivée

Le défi sera, pour les constructeurs, de parvenir à conserver une activité rentable. Pas question, pour des entreprises centenaires telles que Stellantis, Renault et autres GM, de suivre la politique de la terre brûlée de Tesla qui vend à perte ses véhicules et “brûle”, sans stratégie pour atteindre une rentabilité durable, l’argent de ses actionnaires.

Les véhicules électriques ont déjà une rentabilité équivalente à celle des modèles thermiques

La bonne nouvelle est que le chemin vers la rentabilité ne sera pas aussi long qu’il n’y paraît. Actuellement, les véhicules électriques ont déjà une rentabilité équivalente à celle des modèles thermiques lorsque les subventions étatiques sont prises en compte.

A terme, les fabricants comptent se sevrer de cette manne financière en mutualisant la R&D pour diminuer les coûts de développement et parvenir à un véritable marché de masse.

Une stratégie en phase avec les attentes des consommateurs puisque le report des achats vers les modèles les plus abordables se matérialise déjà. La Zoe, grande star de l’année 2020, a vu ses ventes se contracter d’un peu plus de 6 000 exemplaires au dernier trimestre… tandis que la nouvelle Twingo électrique, lancée fin 2020, s’est écoulée à 11 500 unités.

La tendance devrait encore se poursuivre avec l’arrivée récente de la Dacia Spring, qui a déjà séduit plus de 3 000 acheteurs – et dont le carnet de commandes dépasserait les 10 000 exemplaires.

Quelles opportunités pour les investisseurs ?

Migrer les catalogues vers le tout-électrique, qu’il s’agisse d’une obligation légale ou d’une vraie opportunité commerciale, ne se fera pas sans effort.

Stellantis a, par exemple, annoncé récemment un plan d’investissement colossal dans la mobilité propre. Doté d’une enveloppe de 30 Mds€, il sera mené à marche forcée entre 2021 et 2025.

Dans un souci de remplacement accéléré du catalogue et de simplification des processus industriel, le groupe concentrera son énergie sur quatre plateformes standardisées qui permettront de réaliser d’importantes économies d’échelle grâce à des volumes élevés, avec jusqu’à 2 millions de véhicules pour chacune. Avec 14 marques commerciales, le groupe se devait de réagir rapidement pour décarboner ses catalogues sans disperser ses efforts. Il vise ainsi le retour à une rentabilité à deux chiffres (hors subventions) pour ses futurs modèles électriques.

La meilleure stratégie sera de “suivre l’argent”

La meilleure stratégie sera, dans les prochains mois, de “suivre l’argent” et d’investir là où il va. Au niveau des constructeurs, il va devenir de plus en plus délicat de se différencier. Lorsque tous les catalogues auront basculé vers la mobilité propre, l’effet de nouveauté s’estompera et la guerre commerciale basée sur les prix et les images de marque devra reprendre de plus belle.

Dans l’intervalle, ce sont les fournisseurs d’éléments de mobilité propre qui auront profité des milliards d’investissement. Fabricants de blocs moteurs, de batteries, et autres concepteurs de solutions de gestion de puissance écouleront leurs produits par dizaines de millions. Et ce, sans avoir à se soucier de quelle marque remportera la bataille du véhicule propre.

Soyez le premier informé des dernières Opportunités Technos directement dans votre boîte mail

Articles similaires

Laissez un commentaire