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La ville intelligente : investir sur un mythe ou une réalité ?

par Cécile Chevré
nouvelles technologies

Sur la pile des grands projets qui attendent les villes cette année, le dossier « ville connectée » pèse lourd.
La ville connectée, qu’est-ce que c’est ? En quelques mots, c’est une ville dont les différents services et paramètres sont centralisés, analysés pour en améliorer la gestion mais aussi faciliter la vie de ses habitants. La ville connectée, ce sont des poubelles qui signalent quand elles sont pleines, des parkings qui indiquent où trouver une place libre, des réseaux de distribution de l’eau qui signalent une fuite, des transports publics qui s’adaptent à la demande et à la fréquentation, un éclairage public ajustable aux besoins… Les possibilités sont infinies – je vous renvoie aux articles que j’avais consacrés au sujet en août dernier (à lire ici et ).
Certains vont même encore plus loin, envisageant la ville comme un organisme complètement connecté dans lequel les différents organes communiquent non seulement entre eux mais avec le cerveau, ici gigantesque centre de traitement des données.
La smart city, du côté du mythe…
La réalisation la plus achevée en la matière est peut-être la ville Songdo en Corée du Sud, qui se veut la première véritable smart city au monde.
Ce quartier, où les travaux ont commencé en 2003, est le terrain de jeu privilégié de l’Américain Cisco qui y teste toutes les innovations qui pourraient s’imposer dans nos vies urbaines dans quelques années.
Une ville intelligente, une ville du futur, qui propose bien sûr une connexion Internet très haut débit à tous ses habitants, des caméras à tous les coins de rues, des poubelles qui aspirent les ordures domestiques pour les projeter dans des réseaux de gestion souterrains, des pass électroniques un peu partout (ouvrir votre maison, votre voiture), une domotique omniprésente et une surveillance constante de la consommation d’eau, d’électricité, de gaz ou encore des pics de pollution.
Ajoutez à cela beaucoup d’espaces verts, un lac artificiel, des pistes cyclables et des constructions hautement écologiques… et vous obtenez un quartier qui se voulait exemplaire et attractif. Plus de 10 ans après le lancement du projet, l’objectif est encore loin d’être atteint même si Cisco continue d’innover et d’investir.
Sondgo est censé faire des émules dans d’autres pays… mais pour l’instant la formule n’a pas encore su déployer tous ses charmes pour séduire d’autres villes.
A force de mettre tout et n’importe quoi sous le concept de « smart city », décideurs et investisseurs ne savent plus trop où donner de la tête. Les projets plus ou moins pertinents se multiplient dans toutes les directions si bien que le terme de « smart city » ressemble de plus en plus à une grande boite qui regroupe n’importe quel projet urbain.
Pour dire les choses clairement, la « ville intelligente » est souvent plus un concept de communication qu’une réalité concrète. Reste que, du côté de la réalité, certaines villes ont déjà développé des services très concrets pour améliorer la vie de leurs habitants.
… du côté de la réalité
Nos villes ne vont peut-être pas toutes se transformer en ville parfaite et policée mais ce qui est certain, c’est que la croissance exponentielle des centres urbains et de leurs besoins pousse à une nouvelle logique de gestion, reposant sur les efforts de rationalisation, d’économie mais aussi de partage.
C’est autour de ces objectifs que se montent les plupart des projets de « smart city » présentés ces derniers mois. La conversion est lente, parfois anecdotique, mais certaines innovations ont toutes les chances de prendre des parts de marché car elles répondent aux demandes et usages des citoyens.
Je pense par exemple aux nombreux exemples de projets qui permettent d’améliorer circulation et stationnement. Nombre d’automobilistes parmi nous ont déjà pris l’habitude d’utiliser des GPS, des applications leur indiquant les travaux, les bouchons ou encore les contrôles en cours. La plupart des usagers des transports publics utilisent eux-aussi des applications pour se déplacer. Ces usages et pratiques sont déjà là, il suffit donc pour les villes de franchir le pas.
A Nice, par exemple, la mairie a fait installer depuis 2013 des capteurs repérant les places de parking libres et indiquant l’évolution de l’état du trafic. A Lyon, qui a misé sur la ville intelligente depuis plusieurs années, les projets prennent plusieurs directions : construction d’un quartier avec des habitations et des bureaux à haute performance énergétique, incitations financières pour l’installation d’entreprises innovantes, site de covoiturage ou encore gestion de la circulation.
A Paris, la nouvelle municipalité a décidé de mettre la main à la poche pour rattraper le retard de la capitale en terme de « smart-cité ». 1 milliard d’euros va être consacré dans les 6 ans à venir pour développer plusieurs projets, dont le développement de 100 000 m2 de toits et de terrasses végétalisés, le traitement de 65% des déchets (contre 15% aujourd’hui), la mise en place de réseaux smart grid ou encore de tramway à induction.
Qu’est-ce que cela signifie pour vous ?
Nous aurons l’occasion de revenir sur les implications économiques et financières qui se cachent derrière le concept de smart city car je crois que c’est fondamentalement le coeur de cette nouvelle tendance.
Nombre d’entreprises se sont lancées dans ces projets à travers le monde. Et pour cela, il faut des technologies qui les accompagnent… donc certaines entreprises vont en profiter. Vous pouvez bien sûr regarder du côté de Cisco, IBM ou encore Microsoft.
Les grands groupes d’utilities et de la construction sont eux aussi partie prenante de ces projets. Les groupes français sont particulièrement actifs dans le domaine et sont impliqués des projets aussi bien dans l’Hexagone que dans le reste du monde. Parmi eux, citons Bouygues, Vinci, Eiffage, JCDecaux mais aussi GDF Suez, Veolia ou encore Schneider Electric et Gemalto.
Enfin, vous pouvez vous intéresser à l’amont – ce que nous avons fait dans la Quotidienne Pro : les fournisseurs de fibre optique à très haut débit, les fabricants de micro-processeurs destinés à équiper places de parking, poubelles, éclairage urbain etc., les spécialistes de la Wifi, des big data ou encore des systèmes qui vont permettre à la smart city de se déployer.
Aujourd’hui dans la Quotidienne Pro, nous allons miser un concepteur de logiciels utilisés pour gérer et coordonner les différents services des villes connectés. Un investissement pour le futur !

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1 commentaire

Profitez du très intelligent business des smart cities – La quotidienne Pro 27 février 2015 - 16 h 37 min

[…] Il y a quelques jours, nous tentions de faire la distinction entre la smart city qui tient de l’utopie et la réalité de ce que promet cette belle idée. Car le concept de ville intelligente doit surtout être vu comme un concept marketing permettant d’attirer entreprises et investisseurs. Une gigantesque opération de communication. […]

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