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Zone euro : le moral est meilleur que la situation

par admin

Si l’on compare les indicateurs du climat dans la zone euro, ou même les indices boursiers, avec la situation économique actuelle, on s’aperçoit que l’écart peut difficilement être plus grand. Excepté en France, les directeurs d’achats (PMI, ligne bleue du graphe ci-dessous) sont généralement optimistes.

Graphique de l'indice PMI en France

Dans les pays de la périphérie sud, comme l’Espagne et l’Italie, l’indice PMI s’est nettement détaché de son très bas niveau mais reste, néanmoins, en dessous du seuil des 50% qui sépare expansion et contraction.

Graphique de l'indice PMI en Allemagne

En Allemagne, l’indice est déjà passé au-dessus des 50%.

Les cours des actions ont entretemps atteint leur plus-haut d’il y a 5 ans. Les cours sont en partie comparables avec les indicateurs du climat. Les marchés anticipent le futur développement économique, généralement, entre 6 à 9 mois avant. Cependant, actuellement, c’est l’abondance de liquidité qui oriente les marchés actions qui, du coup, ne reflète pas vraiment la future évolution de l’économie.

Les prévisions économiques pour la zone euro restent prudentes. Mais est-ce vraiment important de savoir si la zone euro sera en légère croissance ou en légère récession cette année ? Le chômage restera très élevé dans la zone euro, en particulier dans les pays du Sud où son niveau est déjà tellement insupportable qu’on ne peut pas écarter de nouveaux troubles sociaux. Ce sont les exportations qui maintiennent l’activité économique, mais les voilà maintenant partiellement freinées par un euro devenu plus cher sur les marchés.

C’est ce qui a poussé François Hollande à demander une gestion des taux de change en vue d’affaiblir l’euro. La course à la “dévaluation compétitive” pourrait bien être le premier pas vers des mesures protectionnistes généralisées dont on sait, par expérience, qu’elles nuisent toujours au développement économique.

Conclusion : Ne vous fiez pas uniquement aux indicateurs avancés, qu’ils soient de climat, de sentiments, d’ambiance, etc. Ils peuvent très vite changer et provoquer un brusque renversement de tendance. Les marchés obligataires, aussi bien que ceux des actions, uniquement supportés par les liquidités abondantes, sont surévalués par rapport aux données fondamentales.

Dr. Eberhardt Unger est un économiste indépendant, fort de plus de 30 ans d’expérience des marchés et de l’économie. Vous pouvez retrouver ses analyses sur le site www.fairesearch.de.

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